Un sexagénaire braque un supermarché pour rejoindre son petit-fils en prison
Dans un acte désespéré qui témoigne des limites parfois troublantes de l’amour familial, un homme de 69 ans a commis un braquage sans précédent en Guadeloupe. Son mobile : non pas l’argent, mais le souhait de partager la détention de son petit-fils qu’il estimait en danger derrière les barreaux.
Un braquage insolite aux motivations surprenantes
Fin septembre à Sainte-Rose, en Guadeloupe, une scène inhabituelle s’est déroulée dans un supermarché local. Un homme de 69 ans, cagoulé et armé d’une carabine dissimulée dans un caddie, a tenté de braquer l’établissement commercial.
Le sexagénaire n’avait pourtant pas les motivations habituelles d’un braqueur. Selon les déclarations de son avocate, Me Léa Le Chevillier, l’homme a d’abord pris « un morceau d’emmental et une bouteille de vin » avant de réclamer la caisse.
Son objectif n’était pas l’enrichissement personnel mais une intention bien plus singulière : se faire arrêter pour rejoindre son petit-fils incarcéré dans la même prison.
Une interpellation sans résistance
Après son forfait, le braqueur n’a pas cherché à fuir. Il a été interpellé par les gendarmes alors qu’il se dirigeait, comme l’a précisé son avocate, « tranquillement vers sa voiture, garée sur le parking ».
Cette intervention a été saluée par le commandant de la gendarmerie de Pointe-à-Pitre, Mathieu Morda, qui a évoqué « le grand professionnalisme » de ses hommes face à « une intervention compliquée ».
Un acte désespéré motivé par l’inquiétude familiale
Les motivations du sexagénaire, révélées lors de son procès, éclairent ce geste sous un jour particulier. L’homme avait récemment rendu visite à son petit-fils au parloir et l’avait vu, selon les termes de Me Le Chevillier, « molesté par ses codétenus, avec une dent cassée ».
Cette situation avait provoqué chez le grand-père une vive inquiétude. Son avocate a explicitement précisé que « l’argent ne l’intéressait pas, il voulait juste entrer en prison pour y retrouver son petit-fils et au moins aller en promenade avec lui ».
La décision de justice
Poursuivi pour vol avec arme, violences aggravées et rébellion, le sexagénaire a finalement été condamné à quinze mois de prison, dont cinq mois ferme aménageables.
Le tribunal a également imposé plusieurs obligations au condamné :
– Indemniser les victimes du braquage
– Suivre des soins adaptés
– Ne plus se rendre dans le centre commercial visé
Point important pour le grand-père inquiet : malgré sa condamnation, il conserve son droit de parloir, ce qui lui permettra de continuer à visiter son petit-fils de manière légale.

